Né à Paris en 1781, Victor Destutt de Tracy entame une carrière militaire, participe aux campagnes napoléoniennes et est fait prisonnier en Russie. Il est libéré après la chute de l’Empire et commence en 1822 une carrière politique comme député de l’Allier puis de l’Orne. Il est membre puis président de la Société française pour l’abolition de l’esclavage. En 1848, il est nommé ministre de la Marine et des Colonies par le président Louis-Napoléon Bonaparte mais se retire de la vie politique après son coup d’État.
En 1830, en pleine séance à l’Assemblée nationale, est votée la suppression de la peine de mort pour crime de fausse monnaie. C’est à ce moment-là que Destutt de Tracy prend la parole pour demander l’abolition pure et simple de la peine de mort au nom du principe de l’inviolabilité de la vie humaine et du droit à la vie. Cette proposition ne sera pas retenue.
Quelques mois plus tard, après la chute de Charles X et l’instauration de la monarchie de Juillet (août 1830), il demande de nouveau à l’Assemblée nationale d’abolir la peine de mort.
La Chambre accepte de débattre sur la question de la peine de mort, voire de la supprimer, et demande à une commission d’étudier sa faisabilité. Par la voix de son président Alphonse Bérenger, cette commission rend un verdict mitigé : elle admet que la peine est inutile mais elle estime aussi que la société n’est pas assez prête pour y renoncer. La proposition est par conséquent ajournée.
La même année, il écrit une brochure intitulée Développement de la proposition de M. Victor de Tracy sur l’abolition de la peine de mort dans laquelle il développe ses arguments d’ordre économique et philosophique.
En 1848, il votera pour l’abolition de la peine de mort avec malheureusement le même résultat. Après lui, on continuera à guillotiner certes, mais sans mutiler ni humilier, grâce à la suppression du droit archaïque dans le code pénal de 1810 (exposition publique ou mutilation du poing droit en cas de parricide).