Dans la salle des assises comble du tribunal de Blois, le Centre de ressources sur l’histoire des crimes et des peines (CRHCP) a tenu un atelier pédagogique intitulé : « Prison et système marchand au XIXe siècle. Le travail en prison ». Mickaël Boyer et Fabienne Huard-Hardy ont présenté le système de l’entreprise générale dans les maisons centrales.
Alors que le travail pénal est obligatoire et fait partie intégrante de la peine depuis la Révolution française, l’Etat, faute de structure en interne, est obligé de déléguer à des entrepreneurs privés qui vont appliquer de manière encore plus exacerbée les règles des manufactures privées au sein des prisons, éloignant le travail pénal de ses objectifs principaux. Le travail en prison devient dans cette première moitié du 19ème siècle un outil disciplinaire au sein de l’établissement pénitentiaire. Dans le même temps il va constituer une aubaine économique pour l’entrepreneur privé qui a remporté le marché public. Ces entrepreneurs privés étaient largement motivés par la disponibilité de la main d’œuvre abondante et peu coûteuse en maison centrale.
Après avoir décrit l’organisation de ce système, Fabienne Huard-Hardy est revenue sur la problématique de la concurrence sur le monde ouvrier tant au niveau national qu’international. Mickaël Boyer a ensuite pointé les défaillances du système, illustrant son propos par plusieurs exemples et anecdotes. Il a terminé en proposant aux enseignants une piste de mise en œuvre pédagogique par le jeu de rôle, le débat ou le théâtre : formules dans lesquelles les élèves peuvent s’approprier le sujet et en saisir les enjeux socio-économiques de manière ludique.
En utilisant comme sources une grande variété de documents (plans, photographies, aquarelles, œuvres littéraires, notes administratives, congrès pénitentiaires internationaux, statistiques pénitentiaires), l’intervention a permis de montrer un échantillon de toute la richesse du fonds documentaire du CRHCP.
Les nombreux échanges à l’issue de l’atelier ont permis de constater l’intérêt du public pour les thématiques pénitentiaires.