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Histoire & Patrimoine pénitentiaire

Les Pépites du CRHCP

Enap. Les pépites du Centre de ressources sur l'histoire des crimes et des peines.

Ce parcours est constitué d’une sélection de 35 documents exceptionnels des 17ème au 20ème  siècle provenant pour l’essentiel du fonds Fontainebleau du Centre de ressources sur l’histoire des crimes et des peines de l’Enap.  

En parcourant ces éditions rares, originales ou richement illustrées, on croise les écrits de Montesquieu, Mirabeau, Saint-Just, Oscar Wilde, Brasillach ou  Jean Genet,  tous acteurs ou témoins, comme les autres auteurs, de l’histoire pénale, pénitentiaire et sociale de l’Europe des Lumières  jusqu’à la moitié du 20ème siècle.        

Ces ouvrages et des milliers d’autres sont à retrouver dans le catalogue général du CRHCP

(Parcours réalisé avec le concours de Michel Baggi, Christian Prêleur et Marie-Christine Pujeau, photographes)

Les pépites des XVIIème et XVIIIème siècles


F16 B 11 : BECCARIA Cesare - Dei delitti e delle pene, 1764

Edition originale en italien

En 1764, Cesare Bonesana, marquis de Beccaria (1738-1794) publie un court ouvrage intitulé Dei delitti e delle pene (Des délits et des peines). Le succès de cet ouvrage secoua l’Europe, suscitant le débat sur le droit de l'État de supprimer la vie et déclenchant une réforme profonde des institutions répressives. Son ouvrage développe une nouvelle logique du droit de punir : celui-ci doit être dégagé de toute considération religieuse ou morale et ne peut se fonder que sur la seule utilité sociale : « Pour qu’un châtiment produise l’effet voulu, il suffit qu’il surpasse l’avantage résultant du délit ». Il met en doute la légitimité de la peine de mort et constitue le socle fondateur de la pensée abolitionniste. Inspiré de la philosophie des Lumières et de ses réflexions critiques sur le système judiciaire et pénal, Beccaria condamne tout ce qui s’inspire d’un esprit de vengeance de la loi du talion. Les peines doivent être proportionnées au délit, sans cruauté inutile. La peine de mort doit donc être écartée  car irréparable et excédant le droit qu’a la société de se défendre. 

Enap, les Pépites du CRHCP. BECCARIA Cesare -  Dei delitti e delle pene, 1764
Enap, les Pépites du CRHCP. BECCARIA Cesare - Dei delitti e delle pene, 1764

F16 B 40 1 et 2 : LYONNOIS F.D.C. - Inventaire général de l'histoire des larrons - à Paris, chez Rolin Baragnes,1625

Parue sous un pseudonyme (Sieur d’Aubrincourt), l’édition originale rédigée par François de Calvi (F.D.C.) lyonnois de la première partie (« contenant les cruautez & les meschancetez des voleurs ») fut donnée seule à Paris en 1623, puis les deux autres à la suite en 1625. Ces miscellanées, réunies pour dévoiler aux honnêtes gens les artifices des voleurs, évoquent les histoires contemporaines tragiques de Rosset. Dans un style assez naïf, parfois émaillé de descriptions licencieuses, on y retrouve le même goût pour les "histoires étranges et prodigieuses", les vies et "fins tragiques", les "assassinats horribles & prodigieux", mais aussi les "drolleries", des capitaines de bandes, coupeurs de bourse, fripons et autres gentilshommes dévoyés". (Source : LRB)

Enap, les Pépites du CRHCP. Inventaire général de l'histoire des larrons - à Paris, chez Rolin Baragnes,1625
Enap, les Pépites du CRHCP. Inventaire général de l'histoire des larrons - à Paris, chez Rolin Baragnes,1625

F15 D 23-1 : MANUEL Pierre - La Police de Paris dévoilée, Chez Garnery, An II de la Liberté (1793)

Edition originale. 2 vol. reliés. Le premier volume est illustré d'un frontispice et de 3 tableaux dépliants, le second de 2 plus grands tableaux dépliants.

‎Pierre Manuel (1751-1793) était un des espions salariés par la police de Paris. Embastillé en 1786 suite à la perquisition de son domicile et la découverte d'ouvrages clandestins de sa composition et de "nouvelles à la main" qu'il détenait, il en gardera un grand ressentiment contre l'administration policière. Il est à l'époque l'un des admirateurs du Comte de Mirabeau, dont il éditera les Lettres à Sophie, en 1792. Durant l'été 1789, Pierre Manuel participe aux événements parisiens avec enthousiasme, joue un grand rôle dans les premières émeutes et devient membre de la municipalité provisoire de Paris, « administrateur de la police, du département de la librairie, des spectacles et attributions accessoires ». Il sera guillotiné le 24 brumaire an II, soit la même année que la parution de ces volumes.

Cet ouvrage a été documenté à partir des archives de la Bastille et d'autres documents disparus dans l'incendie de l'Hôtel de Ville et de la Préfecture de police (1871). Dans ce livre, il dévoile les abus de la police, notamment en matière de commerce de la librairie et liberté de la presse, avec des données sur la prostitution, les libertins, les comédiens, les jeux et les prisons. (Source : Le Clère, extr. de Bibliographie critique de la police, p. 691).

Enap, les Pépites du CRHCP. MANUEL Pierre - La Police de Paris dévoilée, Chez Garnery, An II de la Liberté (1793)
Enap, les Pépites du CRHCP. MANUEL Pierre - La Police de Paris dévoilée, Chez Garnery, An II de la Liberté (1793)

F15 B 9-1 MONTESQUIEU - De l'Esprit des Loix, ou du rapport que les loix doivent avoir avec la constitution de chaque gouvernement, mœurs, climat, religion, commerce, etc. (sic) ; à quoi l'auteur a ajouté des recherches sur les lois romaines touchant les successions, sur les lois françaises et sur les lois féodales - Genève [Paris], Chez Barillot, & Fils [Laurent Durand], [1748]

Réimpression parisienne en 2 volumes non autorisée de la mi-janvier 1749, similaire à celle de la 1ère édition de Genève en 8 exemplaires (fin 1748), mais comportant une faute d'orthographe dans le nom de l'éditeur (Barillot écrit avec un seul « r » et un feuillet d'« errata » relié à la fin du premier volume. Il y eut trois rééditions de cette édition pirate très fautive, qui corrigent certaines fautes de l'édition originale, tout en en ajoutant d'autres. (Source : Wikipedia)

Charles Louis de Secondat, baron de La Brède et de Montesquieu (1689-1755), est un penseur politique, précurseur de la sociologie, philosophe et écrivain français des Lumières. De l'esprit des lois est un traité de la théorie politique, paru à Genève en 1748. Cette œuvre majeure, fruit de quatorze années de travail de l’auteur, a fait l'objet d'une mise à l'Index en 1751. Dans cet ouvrage, Montesquieu suit une méthode révolutionnaire pour l'époque : il refuse de juger ce qui est par ce qui doit être, et choisit de traiter des faits politiques en dehors du cadre abstrait des théories volontaristes et jusnaturalistes. Il défend ainsi une théorie originale de la loi : au lieu d'en faire un commandement à suivre, il en fait un rapport à observer et à ajuster entre des variables. Parmi ces variables, il distingue des causes culturelles (traditions, religion, etc.) et des causes naturelles (climat, géographie, etc.). Il livre à partir de là une étude sociologique des mœurs politiques. À la parution de l'ouvrage, Montesquieu est l'objet de vives critiques de la part de conservateurs et d'ecclésiastiques. Des louanges sont émises par les encyclopédistes comme D'Alembert  qui lui écrira un éloge. Certains encyclopédistes lui reprochent toutefois une certaine forme de conservatisme (Montesquieu était favorable à l'aristocratie). On lui reproche aussi son déterminisme dans sa théorie des climats. Montesquieu répondra à toutes ces critiques dans la Défense de l'esprit des lois, publié en 1750. 

L'œuvre peut être découpée en cinq grandes parties :

  • une théorie sur les types de gouvernements (république, monarchie, despotisme) ;
  • la liberté politique qui conclut à la nécessaire séparation des pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire;
  • la théorie des climats ;
  • l'esprit général ;
  • les échanges

(Source : Wikipedia)

Enap, les Pépites du CRHCP. MONTESQUIEU - De l'Esprit des Loix, 1748
Enap, les Pépites du CRHCP. MONTESQUIEU - De l'Esprit des Loix, 1748

F15 C 62 : ANONYME – Bordeaux, (1794), réimprimé en 1815.

Plaquette de 40pp. Int : bib : rel. en vélin, écrite à l'encre rouge

Liste par ordre alphabétique des hommes de sang et dénonciateurs qui ont le plus signalé leurs atrocités à Bordeaux, pendant le régime affreux de l'an deuxième de la République convaincus d'après  les recherches faites, pièces compulsées au Greffe Criminel, et autres renseignements donnés par des honnêtes gens des vingt-huit sections.

Diffusé en 1815, au moment de la Restauration, connu depuis sous le nom du Livre rouge de la Terreur, la liste est suivie du jugement rendu par la Commission Militaire spéciale établie à Bordeaux, qui condamne Jean Baptiste Lacombe, ci-devant instituteur, ex-président de la commission militaire de Bordeaux, à la peine de mort comme exacteur, concussionnaire, prévaricateur, corrupteur de mœurs, et de l’esprit public et, comme tel, traître à la Patrie du 27 thermidor an II de la République française, unie et indivisible. Dans les mois qui suivirent la chute de Robespierre, quand il s’éleva dans toute la France des cris de vengeance contre les agents du régime de la Terreur, la Convention ordonna, par la loi du 21 Germinal an III (10 avril 1795), l’arrestation, ou au moins le désarmement, des terroristes qui avaient exercé leurs talents avant le 9 thermidor. Le Livre rouge de 1815 contient une liste de 469 noms, suivis en général de la fonction, du métier et parfois du lieu de résidence, de terroristes qui se seraient particulièrement mal comportés pendant la Terreur à Bordeaux. C’est en quelque sorte une liste de dénonciation des dénonciateurs qui se sont le plus illustrés pour faire présenter à la commission militaire, présidée par Jean-Baptiste Lacombe, des suspects parmi lesquels 302 seront guillotinés pendant cette période. (Source : Michel Colle, extr. de la communication à l’Académie Montesquieu du 7 avril 2014).

Enap, les Pépites du CRHCP. ANONYME – Bordeaux, (1794), réimprimé en 1815.Connu depuis sous le nom de livre rouge de la Terreur.
Enap, les Pépites du CRHCP. ANONYME – Bordeaux, (1794), réimprimé en 1815.Connu depuis sous le nom de livre rouge de la Terreur.

F15 C 39 : ANONYME - Règlemens de l’hôpital général de  la ville de Grenoble, [1712]

Annotations manuscrites dans les marges, reliure souple pleine peau uni vert foncé signée Patrick Loutrel, maître de la reliure Janséniste et doreur d’exception

Créés par les édits royaux de 1662 et 1680, les hôpitaux généraux sont destinés à l’enfermement des mendiants dont le nombre ne cesse d’augmenter. A Grenoble, l’hôpital devient hôpital général  en 1699 mais l’enfermement n’y sera organisé qu’en 1712, année probable de la publication de ce  règlement.

« Tous ceux [hommes, femmes, enfants] qui demanderont l’aumône par la ville dans les églises, ou aux portes des maisons, seront arrêtés par les archers, & conduits dans les prisons de l’hôpital général dont personne ne pourra les faire sortir que le bureau assemblé le dimanche… » (Art. 24)

Ils seront nourris et vêtus par l’hôpital et tous (vieillards et aveugles compris) et seront tenus de participer  aux offices religieux et de travailler (6h par jour) pour le compte de l’hôpital ou dans les manufactures de la ville. Le silence est la règle au réfectoire et des punitions (fouet, prison, expulsion) sont prévues pour impiété, impureté, larcin, désobéissance et fainéantise : il s’agit d’abolir la mendicité à tout prix, d’élever et d’instruire, d’exiger une propreté générale tout en veillant à l’intégrité et à la réputation des administrateurs.

Enap, les Pépites du CRHCP. ANONYME - Règlemens de l’hôpital général de  la ville de Grenoble, [1712]
Enap, les Pépites du CRHCP. ANONYME - Règlemens de l’hôpital général de la ville de Grenoble, [1712]

F15 C 63 : SAINT-JUST. Rapport de Saint-Just  - imprimé par la Convention Nationale - An II de la République (1794)

Rare édition originale brochée de 20 pages

Saint-Just (1767-1794) fut représentant du peuple à la Convention nationale à partir de 1792, puis membre du Comité de salut public à partir de juin 1793. Présenté au nom du Comité de salut public et du Comité de sûreté, ce rapport, rédigé sous la Terreur, conduisit au vote de la loi sur les personnes incarcérées (8 Ventôse an II-26 février 1894). Cette loi prévoyait la mise en liberté des patriotes incarcérés à tort et le séquestre des biens des suspects reconnus ennemis de la République. Saint-Just appelle à une confiscation de tous les biens des aristocrates et les déclare ennemis de la République, c'est-à-dire en langage révolutionnaire, condamnés à la guillotine. Il justifie les crimes de la République en les comparant aux crimes de Louis XVI, et les trouve numériquement peu importants. ‎Saint-Just requiert la mise sous séquestre des biens de 300 000 émigrés et leur restitution aux indigents.

Enap - Les pépites du CRHCP. Rapport de Saint-Just  - imprimé par la Convention Nationale - An II de la République (1794)
Enap - Les pépites du CRHCP. Rapport de Saint-Just - imprimé par la Convention Nationale - An II de la République (1794)


F15 D 19 ANONYME (Verninac-Saint-Maur) - Recherches sur les cours et les procédures criminelles d'Angleterre. Précédées d'un discours sur les principales dispositions de ces procédures & sur l'abolition de la peine de mort - À Paris, chez Maradan, 1790

Raymond de Verninac-Saint-Maur (1762-1822) est un écrivain, diplomate français. Arrivé très tôt à Paris, il se fait connaître en publiant des vers. Il est partisan de la Révolution. Mais discret. Le 1er juin 1791, il est envoyé par le Roi pour apaiser les troubles dans le Comtat Venaissin. Beau-frère d'Eugène Delacroix, Verninac-Saint-Maur a, selon Michelet, inséré dans divers journaux et almanachs, des poésies légères qui n’ont pas été recueillies en volume. Après avoir représenté la France à Stockholm en 1792 et à Constantinople en 1795 où il publie la première gazette en langue française, il fut préfet du Rhône en 1800 et chargé d’importantes négociations avec le Valais, puis disgracié sous Napoléon en raison de ses opinions républicaines. Il a notamment publié une "Oraison funèbre de Louis-Philippe, Duc d'Orléans", des recherches sur le droit criminel en Grande-Bretagne et une description du département du Rhône.

Enap, Les pépites du CRHCP. ANONYME (Verninac-Saint-Maur). Recherches sur les cours et les procédures criminelles d'Angleterre. Précédées d'un discours sur les principales dispositions de ces procédures & sur l'abolition de la peine de mort. À Paris, chez Maradan, 1790
Enap, Les pépites du CRHCP. ANONYME (Verninac-Saint-Maur). Recherches sur les cours et les procédures criminelles d'Angleterre. Précédées d'un discours sur les principales dispositions de ces procédures & sur l'abolition de la peine de mort. À Paris, chez Maradan, 1790

F15 D 8-1 : MIRABEAU (Comte de). Observations d'un voyageur anglais sur la maison de force appelée Bicêtre, suivies de réflexions sur les effets de la sévérité des peines & sur la législation criminelle de la Grande-Bretagne, 1788

Edition originale de ce rare et violent pamphlet d’Honoré-Gabriel Riqueti de Mirabeau (1749-1791) contre le système pénitentiaire français (1ère partie du volume) à la veille de Révolution française. Fondé sur les observations de son ami Samuel Romilly qui contribua à la réforme de la législation pénale de l'Angleterre, Mirabeau dresse de Bicêtre, à la fois hôpital, asile, hospice et prison pour les mendiants et petits délinquants, un tableau effrayant : "Je savois, comme tout le monde, que Bicêtre étoit à la fois un hôpital et une prison; mais j'ignorois que l'hôpital eût été construit pour engendrer des maladies, et la prison pour enfanter des crimes ». (Source : LRB)

Enap. Les pépites du CRHCP. MIRABEAU (Comte de). Observations d'un voyageur anglais sur la maison de force appelée Bicêtre, suivies de réflexions sur les effets de la sévérité des peines & sur la législation criminelle de la Grande-Bretagne, 1788
Enap. Les pépites du CRHCP. MIRABEAU (Comte de). Observations d'un voyageur anglais sur la maison de force appelée Bicêtre, suivies de réflexions sur les effets de la sévérité des peines & sur la législation criminelle de la Grande-Bretagne, 1788

F16 B 1 : WILEBRAND Jean-Pierre - Abrégé de la Police accompagné de réflexions sur l'accroissement des villes. A Hambourg, 1765

Edition originale. Maroquin rouge à la Duseuil.

‎Unique édition de cet important traité de police urbaine. Le juriste Johann Peter Willebrand (1719-1786) entra au service du Roi de Danemark et de Norvège et fut notamment nommé directeur de la police d'Altona (à l'époque partie du Danemark), charge qu'il occupa de 1757 à 1767. Il donne une vue détaillée de l'influence de la police sur la vie publique et la prospérité des villes.

Enap. Les pépites du CRHCP. WILEBRAND Jean-Pierre - Abrégé de la Police accompagné de réflexions sur l'accroissement des villes. A Hambourg, 1765
Enap. Les pépites du CRHCP. WILEBRAND Jean-Pierre - Abrégé de la Police accompagné de réflexions sur l'accroissement des villes. A Hambourg, 1765

F16 C 5 : SAGNIER - Code criminel de la République Française ou recueil complet de toutes les lois composant la législation criminelle - Paris, An VI de la République, (1798)

Très rare exemplaire du code qui servit de modèle au Code pénal de 1810, et rédigé par Sagnier (homme de loi) en 2 parties : une première partie consacrée aux lois sur l’instruction des affaires criminelles, et la seconde à toutes les lois pénales rendues depuis le commencement de la Révolution en 1789. Deux parties manuscrites complémentaires sont reliées dans le volume  (la 1ère complète la 1ère partie jusqu’en 1806, la seconde jusqu’en 1800).

Enap. Les pépites du CRHCP. SAGNIER - Code criminel de la République Française ou recueil complet de toutes les lois composant la législation criminelle - Paris, An VI de la République, (1798)
Enap. Les pépites du CRHCP. SAGNIER - Code criminel de la République Française ou recueil complet de toutes les lois composant la législation criminelle - Paris, An VI de la République, (1798)

F15 B11 : ANONYME - AFFAIRE DU C.D.R. (Collier de la Reine). Mention : bibliothèque Biré (de Luçon), novembre 1946

15 pièces en un seul volume relié, brochées sous chemise rigide en vélin vert de l'époque tous datés de 1786

Rare réunion de témoignages sur « l'Affaire du Collier de la Reine» (1785), célèbre escroquerie  montée par Mme de la Motte aux dépens du Cardinal de Rohan pour lui soutirer de l’argent. L'instruction du procès dura plus de dix mois. Les principaux accusés étaient, outre le Cardinal de Rohan et Mme de La Motte, Réteaux de Villette et Mlle Legay d'Oliva, ses complices, ainsi que Giuseppe Balsamo qui se dit Comte de Cagliostro. Cette ténébreuse intrigue a fixé l'attention de toute l'Europe et fut un des épisodes les plus caractéristiques des derniers jours de la monarchie. Le rôle que Marie-Antoinette a pu jouer dans cette affaire reste obscur. Par le discrédit qu’il jeta sur la cour dans l’opinion publique déjà hostile, ce scandale aura indirectement sa part de responsabilité dans la chute de la royauté 4 ans plus tard et dans le déclenchement de la Révolution française. Le dossier comprend les pièces de l’instruction (mémoires et requêtes des accusés et de leurs complices). (Source : LRB)

Enap. Les pépites du CRHCP. ANONYME - AFFAIRE DU C.D.R. (Collier de la Reine). Mention : bibliothèque Biré (de Luçon), novembre 1946
Enap. Les pépites du CRHCP. ANONYME - AFFAIRE DU C.D.R. (Collier de la Reine). Mention : bibliothèque Biré (de Luçon), novembre 1946

F16 E 12 : DE LAUNAY - Projet concernant l'établissement de nouvelles prisons dans la Capitale par un magistrat en l’occurrence M. De Launay, maître des requêtes,  [1776]

Reliure du XVIIIème siècle, tranche rouge. Exemplaire unique entièrement manuscrit provenant de la bibliothèque impériale. Plan aquarellé d’une prison en fin d'ouvrage.

Après une description rapide des prisons parisiennes avant la Révolution, De Launay, magistrat, expose ses recommandations en matière d’hygiène dans les prisons, avant de  proposer un emplacement pour la construction de nouvelles prisons (quartier actuel des Grands-augustins dans le 6e arrondissement). Ces propositions sont accompagnées d’un plan en couleur en fin de volume. Il fixe également le coût d’une telle construction.

« Quel homme peut, malgré la pureté de son âme, assurer qu’il n’habitera point un jour la demeure destinée pour les criminels, et que ses mains innocentes ne seront point chargées des chaînes préparées pour les scélérats ? » s’interroge l’auteur

A la fin de l'Ancien Régime, les prisons étaient devenues sinon un enjeu, au moins un champ partagé entre la magistrature, chargée par les textes de leur contrôle mais qui, le plus souvent, s'en désintéressait, et des structures administratives récentes (intendants et lieutenant général de police) qui avaient su très vite faire la preuve de leur efficacité. Parallèlement, à partir du règne de Louis XVI (« la prison est l'école du crime »), les prisons bénéficièrent de la tendance générale à l'adoucissement des pénalités (Source : C. Carlier, La Balance et la clé)

Enap. Les pépites du CRHCP. Projet concernant l'établissement de nouvelles prisons dans la Capitale par un magistrat en l’occurrence M. De Launay, maître des requêtes,  [1776]
Enap. Les pépites du CRHCP. Projet concernant l'établissement de nouvelles prisons dans la Capitale par un magistrat en l’occurrence M. De Launay, maître des requêtes, [1776]

Les pépites du XIXème siècle


F16 E 48 : VALLES Jules (1832-1885) - La Rue à Londres, à Paris, chez Charpentier et Cie, 1884

Edition originale in-folio cartonnée reliée percaline grise. Tirage grand papier (3ème grand papier) sur papier velin avec tirage des eaux-fortes sur papier de Hollande : 556/600. Nombreux dessins et ensemble de 22 eaux fortes sous serpentes titrées, gravées par André Lançon (dit  Auguste Lançon) (1836-1887) et imprimées par F. Lienard et A. Salmon.

Dédicace à Mme Rehn autrement dit Séverine, compagne du Dr Guebhard. Jules Vallès rencontre Séverine, qui deviendra sa secrétaire, pour la première fois à Bruxelles en 1880.

Journaliste, rédacteur en chef du « Cri du Peuple » et romancier, Jules Vallès (1832-1885) est surtout connu pour sa trilogie Jacques Vingtras. Communard et exilé outre-Manche dès 1875, Jules Vallès réalise dans son ouvrage « La Rue à Londres », un vrai tableau des bas-fonds de la société londonienne et y explore au travers d'instantanés, la misère quotidienne.

Peintre et graveur, André Lançon (1836-1886) participe à la Commune de Paris. A la suite de ses tableaux de la guerre de 1870, il compose des gravures sur bois ou à l'eau-forte de scènes de Paris et de Londres, extirpées des bas-fonds de la société. En 1883, Lançon réalisera une étude de la vie des Trappistes. (Source : Vicaire, TVII, p. 905).

Enap, les Pépites du CRHCP. VALLES Jules (1832-1885) - La Rue à Londres, à Paris, chez Charpentier et Cie, 1884
Enap, les Pépites du CRHCP. VALLES Jules (1832-1885) - La Rue à Londres, à Paris, chez Charpentier et Cie, 1884

F 15 C 40 : ANONYME - Defenders & Offenders, Chez D. Buchner & Co, NY, 1888

Rédigé en anglais, cet ouvrage rassemble les portraits d’une centaine de fonctionnaires de police et de délinquants new-yorkais de la fin du 19e siècle (4 individus par page  avec leurs  biographies). Les portraits en couleur sont imprimés  par le procédé de la chromolithographie fondé sur la quadrichromie, à l'origine du procédé d'impression Offset.

Enap, les Pépites du CRHCP. Defenders & Offenders, Chez D. Buchner & Co, NY, 1888
Enap, les Pépites du CRHCP. Defenders & Offenders, Chez D. Buchner & Co, NY, 1888

F16 D 110 : MONNIER Henri - Les bas-fonds de la société. A Paris, J. Claye, 1862

1/2 maroquin rouge à coins

Ecrivain, caricaturiste et comédien, Henry Monnier (1799-1877) a découvert une sorte de quart-monde social qui jusqu'à lui avait échappé même au réalisme le plus cruel. Après des études au lycée Bonaparte, il entre en juillet 1816 au ministère de la Justice pour y occuper un médiocre emploi de gratte-papier qu'il abandonne en mai 1821, ne pouvant plus supporter les tracasseries de ses supérieurs hiérarchiques. Parallèlement à cette occupation administrative, il fréquente à partir de 1819 les ateliers d'Anne-Louis Girodet et d’Antoine-Jean Gros. Il publie ses premiers portraits d'acteurs en 1821. En 1822, il effectue son premier séjour à Londres où les techniques de lithographie en couleurs connaissent un grand développement. Après plusieurs séjours anglais, il revient en France 5 ans plus tard. Ses rencontres avec Alexandre Dumas, Théophile Gautier, Stendhal, Eugène Sue, Prosper Mérimée, Eugène Scribe, Eugène Delacroix, Louis Boulanger et Honoré de Balzac lui ouvrent les portes de la renommée. Entre 1827 et 1832, il multiplie des albums de lithographies, croquant les mœurs et physionomies de ses contemporains, de la grisette à l’employé de bureau. Il est le créateur du caricatural Monsieur Prudhomme, personnage grassouillet, conformiste, solennel et imbécile, dont Balzac dira qu’il s’impose comme « l’illustre type des bourgeois de Paris » et dont Paul Verlaine s’inspirera, dans les Poèmes saturniens, pour un poème homonyme.  À partir des années 1850, il se consacre essentiellement à l’écriture et au théâtre. Henry Monnier a servi de modèle à Balzac pour le personnage de Jean-Jacques Bixiou dans son roman Les Employés ou la Femme supérieure (1838), fonctionnaire, caricaturiste, homme de bons mots, qui revient dans de nombreux romans de La Comédie humaine. "Les bas-fonds de la société», publiés pour la première fois en 1864, ont été poursuivis pour outrage à la morale publique et leur destruction ordonnée par le Tribunal de la Seine. (Sources : Wikipedia et LRB).

Enap, les Pépites du CRHCP. MONNIER Henri - Les bas-fonds de la société. A Paris, J. Claye, 1862
Enap, les Pépites du CRHCP. MONNIER Henri - Les bas-fonds de la société. A Paris, J. Claye, 1862

F15 C 34 : ANONYME. La Veuve Gras, [19e siècle]

Album constitué de photographies et  de coupures de presse. Ex-libris Ludovic Halévy. Dédicace: « A Maurice Reclus, ce dossier, constitué par la main diligente de mon père, et qui ne sera nulle part mieux gardé que sur les rayons de votre bibliothèque [signé] Halèvy mars 1946 (l’armée soviétique s’installe en Perse) »

Dossier unique de photographies et de coupures de presse de l’époque découpés et collés sur l’affaire d’Aménaïde Bricourt, veuve Gras, connue sous le nom de Jeanne de la Cour. En janvier 1877, avec la complicité d’un ami d’enfance, Gaudry, la veuve Gras choisit de défigurer son amant, René de La Roche, au vitriol plutôt que de le perdre. Elle sera condamnée par la cour d’assises à 15 ans de prison. Ludovic Halévy (1834-1908), dramaturge, auteur d’opéras et romancier, qui a assisté au procès, a constitué ce dossier sur une période d’environ 15 ans.

Enap, les Pépites du CRHCP. ANONYME. La Veuve Gras, [19e siècle]
Enap, les Pépites du CRHCP. ANONYME. La Veuve Gras, [19e siècle]

F15 A 13 : RANDALL C.D. L'Ecole Publique de l’État de Michigan Pour les enfants pauvres dépendants, 1889

In-4 rel, basane, édité à l'occasion de l'Exposition universelle de 1889 (manuscrit,  photographies et articles découpés dans la presse).

Sénateur américain, C.D. Randall est l’auteur de la loi sur l’éducation charitable dans l’Etat du Michigan, basée sur l’éducation par l’Etat des enfants pauvres assistés dans une école publique d’Etat  ouverte à Coldwater en 1874. Le système privilégie l’éducation scolaire, les tâches domestiques et le placement des enfants dans une famille d’accueil lorsque cela est possible.

Enap, les Pépites du CRHCP. RANDALL C.D. L'Ecole Publique de l’État de Michigan Pour les enfants pauvres dépendants, 1889
Enap, les Pépites du CRHCP. RANDALL C.D. L'Ecole Publique de l’État de Michigan Pour les enfants pauvres dépendants, 1889

F16 E 10 : ECKARD Jean. Notice sur Jean-Baptiste Cant-Hanet dit Cléry, dernier serviteur de Louis XVI et sur le journal de la Tour du Temple, 1822

Exemplaire de 1822 contenant de larges parties manuscrites et imprimées insérées dans la reliure. Il a appartenu à Jean Eckard (1761– 1839), avocat, agent d’affaires et homme de lettres et devait servir de matrice à l’édition de 1825. Il renferme en effet des notes qui ne seront  pas reprises dans l’édition originale publiée à Paris.

Cet ouvrage livre les mémoires du frère du valet de chambre de Louis XVI,  Jean-Baptiste Cant-Hanet dit Cléry. Né à Jardy en 1762, Cléry est d’abord le valet de chambre de Madame, fille de Louis XVI, puis du Duc de Normandie, dernier fils de Louis XVI. Le 26 août 1792, il entre au service du roi à la prison du Temple et rédige a posteriori un journal relatant les faits qui s’y déroulèrent sous la forme d’un récit qui sera publié à Londres en 1798. Il meurt en 1809 à Vienne au service de la fille de Louis XVI en exil.  (Source : Aurore Cléry).

Enap, les Pépites du CRHCP. ECKARD Jean. Notice sur Jean-Baptiste Cant-Hanet dit Cléry, dernier serviteur de Louis XVI et sur le journal de la Tour du Temple, 1822
Enap, les Pépites du CRHCP. ECKARD Jean. Notice sur Jean-Baptiste Cant-Hanet dit Cléry, dernier serviteur de Louis XVI et sur le journal de la Tour du Temple, 1822

F16 D 114 : BLOUET Abel. - Projet de prisons cellulaires, Paris, F. Didot, 1843

Reliure signée Atelier Laurenchet. 6 planches.

Architecte, Guillaume Abel Blouet (1795-1853) remporte en 1821 le grand prix de Rome et devient  directeur de la section architecture et sculpture de l'expédition scientifique de Morée. Il découvrit l'emplacement du temple de Jupiter à Olympie en 1829. Il termina l'Arc de triomphe de l'Étoile en 1836 et dressa les plans d'un grand nombre de prisons (conception panoptique) dont la Petite Roquette. Il devint en 1846, professeur à l'École des beaux-arts, et en 1848, architecte du palais de Fontainebleau. On lui doit une édition révisée et complétée du Traité théorique et pratique de l'art de bâtir de Jean-Baptiste Rondelet, paru en 1847. Il fut élu membre de l'Académie des beaux-arts en 1850. (Source : Wikipedia)

Partisan du système philadelphien de l’emprisonnement cellulaire (séparation stricte des détenus)  qu’il a découvert aux Etats-Unis, Blouet fait partie des architectes qui réinventent en France au milieu du 19e siècle, le principe panoptique de Bentham. La disposition en panoptique  doit permettre une surveillance simple et efficace, un exercice du culte obligatoire, une promenade quotidienne individuelle, une parfaite aération et ensoleillement des bâtiments, toutes garanties contre les évasions, les besoins de service, l’économie de la construction ... Le plan est rayonnant avec un point central (la rotonde au carrefour de chaque aile pour assurer  une surveillance centrale) et des corridors de surveillance autour des ailes sur le principe du « Voir sans être vu » benthamien. (Source : Silvin)

Enap, les Pépites du CRHCP. BLOUET Abel. - Projet de prisons cellulaires, Paris, F. Didot, 1843
Enap, les Pépites du CRHCP. BLOUET Abel. - Projet de prisons cellulaires, Paris, F. Didot, 1843

F15 A 6 : AMATO Gabriele. Sui Carceri Penitenziali, progetti dell architetto. A Napoli, Ed. Stampera del Fibreno, 1862

15 planches

Enap, les Pépites du CRHCP. Sui Carceri Penitenziali, progetti dell architetto A Napoli, Ed. Stampera del Fibreno, 1862
Enap, les Pépites du CRHCP. Sui Carceri Penitenziali, progetti dell architetto A Napoli, Ed. Stampera del Fibreno, 1862

F15 C 18 ANONYME (Giraud Pierre-François-F.-J.). Histoire générale des Prisons sous le règne de Buonaparte avec des anecdotes curieuses & intéressantes sur la Conciergerie, Vincennes, Bicêtre, …à Paris, Alexis Eymery Libraire, 1814

Edition originale

L’auteur, Pierre-François-Félix-Joseph Giraud (1745-?), fut membre de la Convention nationale de 1792 à 1795 comme député de l’Allier. Auteur d’une satire manuscrite contre Bonaparte, « le moderne Attila », il fut traîné de prison en prison. Dans cet ouvrage, il entend  « tracer le tableau de ces enfers terrestres d'après ce qu'il a vu de ses propres yeux, et sur des notes et des renseignemens puisés dans les sources les plus authentiques ».

L’ouvrage comporte des détails sur l’histoire, le régime, les détenus et anecdotes sur chacune des prisons évoquées (le dépôt, la Conciergerie, Montaigu, l’Abbaye, Saint-Lazare, dépôt de Saint-Denis, Les Madelonnettes, La Petite-Force, la Grande-Force, Saint-Pélagie, Le Temple, Vincennes, Le Château de Ham et de Joux, Bicêtre).

Enap, les Pépites du CRHCP. ANONYME (Giraud Pierre-François-F.-J.). Histoire générale des Prisons sous le règne de Buonaparte avec des anecdotes curieuses & intéressantes sur la Conciergerie, Vincennes, Bicêtre, …à Paris, Alexis Eymery Libraire, 1814
Enap, les Pépites du CRHCP. ANONYME (Giraud Pierre-François-F.-J.). Histoire générale des Prisons sous le règne de Buonaparte avec des anecdotes curieuses & intéressantes sur la Conciergerie, Vincennes, Bicêtre, …à Paris, Alexis Eymery Libraire, 1814

F15 C 79: FRESNEL R.M. Projet d'Etablissement destiné à servir de refuge aux forçats & aux prisonniers libérés, chez Garnery, 1827

Dans cette brochure de 31 pages, Romain-François Fresnel (1795-1866), architecte, inspecteur des travaux publics, présente en 1827 un projet d’établissement destiné à servir de refuge aux forçats et prisonniers libérés, où ils pourraient se réhabiliter, avec un développement  sur les détails du projet  et un plan dépliable en fin de volume.

Enap, les Pépites du CRHCP. FRESNEL R.M. Projet d'Etablissement destiné à servir de refuge aux forçats & aux prisonniers libérés, chez Garnery, 1827
Enap, les Pépites du CRHCP. FRESNEL R.M. Projet d'Etablissement destiné à servir de refuge aux forçats & aux prisonniers libérés, chez Garnery, 1827

F15 C 28 : ANONYME. Société Royale pour l'amélioration des Prisons, 1819

La Société royale pour l'amélioration des prisons a été créée par Louis XVIII en 1819 sur proposition du Comte Decazes, ministre de l'Intérieur. Cette société réunissait toutes les grandes personnalités du royaume (hommes politiques, banquiers, industriels, hommes de plume, journalistes et hauts fonctionnaires). Œuvrant sur un plan national, la Société a notamment généralisé les commissions de surveillance dans les maisons d'arrêt.

L’ensemble contient plusieurs procès-verbaux relatifs à l'état des prisons du royaume et des améliorations à apporter aux conditions des prisonniers. On trouve aussi un ensemble de procès-verbaux, d'arrêts et de rapports concernant le régime de santé, les instructions morales et religieuses, la police judiciaire et administrative des prisons. On peut citer comme rapporteurs: le duc de La Rochefoucauld, Pariset, Bigot de Préameneu, le comte de La Borde, Try, Jacquinot de Pampelune, et le marquis de Barbé-Marbois. (Source : LRB)

Enap, les Pépites du CRHCP. Société Royale pour l'amélioration des Prisons, 1819
Enap, les Pépites du CRHCP. Société Royale pour l'amélioration des Prisons, 1819

F15 C 10 : JOIGNEAUX Pierre. Les prisons de Paris par un ancien détenu, à Paris, chez l'Auteur, 1841

Témoignage personnel sur l'univers carcéral, Sainte-Pélagie, La Force, Le Secret,  les condamnés à mort et des pages consacrées à l'argot. A 20 ans, Pierre Joigneaux (1815-1892), entre dans la presse démocratique. Collaborateur du Journal du Peuple, du Corsaire, du Charivari, il s’opposa vivement au gouvernement de Louis-Philippe Ier, et fut condamné en 1838 à quatre ans de prison pour des articles publiés dans L'Homme libre, journal républicain imprimé clandestinement. Fort de cette expérience, il publie en 1841 ce livre où il propose un tableau assez réaliste des conditions de promiscuité et de salubrité des prisons de la première moitié du 19e siècle.

Enap, les Pépites du CRHCP. JOIGNEAUX Pierre. Les prisons de Paris par un ancien détenu, à Paris, chez l'Auteur, 1841
Enap, les Pépites du CRHCP. JOIGNEAUX Pierre. Les prisons de Paris par un ancien détenu, à Paris, chez l'Auteur, 1841

F16 B 7 : ZO d'AXA. De Mazas à Jérusalem, à Paris, Ed. Chamuel, 1895.

Edition originale. Contient des dessins et lithographies signés Steinlein, Félix Valloton, et Lucien Pissaro

 « De Mazas à Jérusalem » est un texte autobiographique de Zo d’Axa (1864-1930), journaliste et anarchiste, écrit pendant sa détention à la prison Sainte-Pélagie et publié en 1895. A la fois autobiographie, roman « carcéral », récit de voyage, plaidoyer pour la liberté, critique sociale de la France tyrannique de la Troisième République, c’est  une œuvre à part, parfaitement unique.

Zo d’Axa est arrêté en 1892 sous un prétexte fallacieux puis est libéré au bout d’un mois mais un article lui attire de nouveau les foudres de l’administration. Craignant d’être de nouveau interpellé, il part pour Londres. N’aimant pas Londres, il repart, pour Rotterdam, descend le Rhin, Düsseldorf, Cologne, Bonn, Mayence, Duisburg, Mannheim, Milan et Turin. Arrêté à Turin, il est expulsé. Il part alors pour l’Autriche, puis Trieste, et la Dalmatie, Corfou, Patras, c’est un vrai Voyage en Orient. Il arrive à Athènes, puis c’est Constantinople, les Dardanelles, Smyrne, Chio, Samos, Rhodes et Chypre ; enfin, c’est Beyrouth et Jaffa. Arrêté, il s’évade et repart pour Jérusalem. Là, on l’arrête de nouveau, il est renvoyé en France en bateau, les fers aux pieds. Il est d’abord emprisonné à Marseille, puis envoyé comme prisonnier politique à Sainte-Pélagie où il séjournera jusqu’en juillet 1894, échappant ainsi à la répression et aux multiples arrestations d’anarchistes Quand il sort de Sainte-Pélagie, il est immédiatement re-arrêté puis finit par sortir.

Enap, les Pépites du CRHCP. ZO d'AXA. De Mazas à Jérusalem, à Paris, Ed. Chamuel, 1895.
Enap, les Pépites du CRHCP. ZO d'AXA. De Mazas à Jérusalem, à Paris, Ed. Chamuel, 1895

Les pépites du XXème siècle


F15 C 13–1: BORD Gustave - Etudes sur la question de Louis XVII, Autour du Temple, 1912

Edition rare en 4 volumes  (Le 4ème vol. est un volume de fac-similés). Gd papier, numéroté. La reliure est signée Franz Ostermann, dit Franz, relieur d’origine alsacienne qui avait son atelier Boulevard Malesherbes puis rue Ampère à Paris. Il exerça jusqu’en 1938.

Gustave Bord (1852-1934) est un historien de la Révolution française et essayiste français connu pour ses opinions antimaçonniques, d'opinion royaliste à tendance contre-révolutionnaire.  Il publie cette série « Etudes sur la question de Louis XVII. Autour du Temple (1792-1795) », en 4 volumes en 1912, où il conclut à la survivance du Dauphin (Source Wikipedia).

Enap, les Pépites du CRHCP. BORD Gustave - Etudes sur la question de Louis XVII, Autour du Temple, 1912
Enap, les Pépites du CRHCP. BORD Gustave - Etudes sur la question de Louis XVII, Autour du Temple, 1912

F16 E 9 : GENET Jean - La Galère, 1944

Manuscrit relié autographe et signé de Jean Genet, à Paris. Grand in-8 relié, manuscrit autographe de 8 feuillets non chiffrés signé à Paris par Jean Genet, le 19 aout 1944. Très belle reliure datée de 1967 signée Pierre Lucien Martin (1913-1985), certainement un des plus remarquables relieurs d'art du 20e siècle. Texte rédigé sur papier Rives BFK. Double reliure, chemise plein box noir sous étui cartonné bleu. Ouvrage relié plein box bleu outremer, pages de gardes box bleu. Tranches dorées. Ex-libris JPG. Cet exemplaire est le 3ème des 15 comportant chacun une variante. Le dernier feuillet manuscrit dédicacé à Guy Allix comporte la strophe suivante :

« Tes pieds bleus traversés d'étoiles et de branches
Tu erres sur mon rivage et bondis sur ma main
Brisons cet amour que ton rire déclenche
hardiment le foule de ton pas inhumain
 »

Jean Genet  (1910-1986), pour ce poème, comparaîtra face au tribunal correctionnel de la Seine pour motif d'attentat aux bonnes mœurs et pornographie et sera condamné à 8 mois de prison avec sursis et 100 000 francs d'amende. Entre 1937 et 1944, Jean Genet totalisera quatre années d'incarcération (pour vol de livres), alternant entre la prison de la Santé et la prison de Fresnes. C'est au cours de ces emprisonnements successifs qu'il rencontrera son futur éditeur, Marc Barbezat  des éditions L'Arbalète, et qu'il rédigera son poème « La Galère ». Le texte imprimé de « La Galère » sera édité chez Jacques Loyau en 1947 et illustré par Léonor Fini.

Enap, les Pépites du CRHCP. GENET Jean - La Galère, 1944
Enap, les Pépites du CRHCP. GENET Jean - La Galère, 1944

F 16 C 41 : BRASILLACH Robert - Lettres écrites en prison [octobre 1944-février 1945]. Paris, Ed Sept couleurs,1952

Edition originale sur vélin d’arches n° HC 4. Ex libris Ch. Filippi, avocat, ancien directeur de cabinet de Philippe Henriot et chroniqueur du journal d’extrême droite Rivarol dans les années 1990. Pleine reliure maroquin citron avec étui signée Jean-Paul  Miguet.

Robert Brasillach (1909-1945), critique littéraire à « L’ Action française », auteur d’études, de romans, d’une Histoire du Cinéma, d’une « Anthologie de la Poésie grecque », est considéré avant-guerre comme l’un des écrivains les plus doués de sa génération. Attiré par le fascisme qui représente pour lui, comme pour Drieu La Rochelle, la possibilité d’une réconciliation du « social » et du « national », Brasillach collabore à l’hebdomadaire « Je suis partout » et publie une « Histoire de la Guerre d’Espagne ». Après la défaite de 1940, il passe plusieurs mois dans un camp de prisonniers en Allemagne. Rentré en France, il défend dans « Je suis partout » et « Révolution nationale », la politique de collaboration du gouvernement de Vichy. Condamné à mort à la Libération, Brasillach est fusillé le 6 février 1945.

Les lettres réunies dans ce volume sont celles qui ont été écrites par Brasillach à sa famille, du camp de Noisy-Le-Sec et de la prison de Fresnes. Elles sont d'une grande valeur émotionnelle car elles complètent l'état d'esprit, extériorisé, du poète que l'on trouve dans les "Poèmes de Fresnes" qui traduisent " l'atmosphère intérieure". Elles sont aussi d'une grande valeur historique et documentaire sur cette période sensible de notre histoire.

Enap, les Pépites du CRHCP. BRASILLACH Robert - Lettres écrites en prison [octobre 1944-février 1945]. Paris, Ed Sept couleurs,1952
Enap, les Pépites du CRHCP. BRASILLACH Robert - Lettres écrites en prison [octobre 1944-février 1945]. Paris, Ed Sept couleurs,1952

F16 D 38 : GENET Jean - Le condamné à mort. Fresnes, sept 1942

Edition originale. Reliure signée de M. Dumayon. Ratures et corrections à l'encre de l'auteur (?)

Condamné à huit mois de prison pour avoir volé des livres afin d’alimenter sa caisse de bouquiniste sur les quais de la Seine, Jean Genet (1910-1986) arrive à la prison de Fresnes le 15 mai 1942. Il y aurait composé ce long poème en réaction à un prix obtenu par un autre prisonnier, pour un poème qu'il jugeait facile et conventionnel. Il écrit alors Le Condamné à mort qu'il dédie à un jeune assassin, Maurice Pilorge, guillotiné le 4 février 1939 à Rennes (le 17 mars dans le poème), personnage qui le fascine et qui est l'objet de fantasmes décrits dans le poème. Genet y développe les thèmes de l'amour entre prisonniers, de la fascination pour le beau voyou, du peu de valeur de la vie pour un être d'exception qu'est, selon lui, Pilorge, et de l'homosexualité. (Source : Wikipédia)

Le manuscrit sort clandestinement de la prison et l’impression, à une centaine d’exemplaires, se fait dans des conditions mystérieuses. Il semble que Genet l’ait confiée à un codétenu typographe, lui-même condamné pour avoir fabriqué de faux tickets d’alimentation. Le texte imprimé commence à circuler sous le manteau à l’automne 1942, peu avant que Genet soit libéré, le 15 octobre. (Source : A propos de l'exposition : Genet ni père ni mère à Lyon)

Enap, les Pépites du CRHCP. GENET Jean - Le condamné à mort. Fresnes, sept 1942
Enap, les Pépites du CRHCP. GENET Jean - Le condamné à mort. Fresnes, sept 1942

F16 C 30 : WILDE Oscar - De Profundis. Paris, Simon Kra, 1926

Première édition illustrée numérotée (n°17/25), tirage de tête sur papier Japon, contenant une suite de bois sur Chine. Les 13 bois d'Alfred Latour sont essentiellement des vignettes décoratives au style dépouillé. Reliure signée de A Toumaniantz, relieur à Paris dans les années 1930 à 1952. 

De Profundis est une longue lettre qu'Oscar Wilde (1854-1900), écrivain britannique, a écrite début 1897 à son jeune amant, Lord Alfred Douglas, depuis la prison de Reading. Condamné 2 ans de travaux forcés pour homosexualité il adresse à son amant l’une des plus extraordinaires lettres de l’histoire de l’humanité : à la fois déclaration d’amour, sombre méditation sur les hommes et la société, témoignage d’un prisonnier, chant lyrique sur l’art et l’extase de vivre, ce texte marqua une rupture définitive dans la pensée de l’écrivain.

Enap, les Pépites du CRHCP. WILDE Oscar - De Profundis. Paris, Simon Kra, 1926
Enap, les Pépites du CRHCP. WILDE Oscar - De Profundis. Paris, Simon Kra, 1926

F16 C 25 : MAURRAS Charles (1868-1952). Lettres de prison, 8 septembre 1944-16 novembre 1952 - Paris, Flammarion, 1958

Gd in-8 relié. Reliure chagrinée noire et cartonnée signée La Laurencie. Ex libris de Ch. Filippi, avocat, ancien directeur de cabinet de Philippe Henriot et chroniqueur du journal d’extrême droite Rivarol dans les années 1990. Tirage numéroté sur vergé pur fil des papeteries d'Arches : 49/200. Grand papier non rogné. L'ouvrage comporte en plus 2 pièces authentiques qui rendent cet exemplaire unique :

  • une lettre autographe signée manuscrite de 2 feuillets montée sur onglet et reliée au 2ème feuillet de Antonio de Oliveira Salazar adressée à Charles Maurras. Rédigée à l'encre bleue avec cachet sec et en-tête « Presidencia do Conselho ». Écrite en réponse à la fameuse lettre de Charles Maurras de la prison de Clairvaux du 31 mai 1951 où il exhorte le dictateur portugais à demeurer à la tête du gouvernement. L'enveloppe est aussi montée sur onglet sur le feuillet suivant.
  • une page autographe manuscrite de Charles Maurras rédigée à l'encre bleue sur un feuillet à petits carreaux. Mention de multiples noms de personnalités connues : Hélène Maurras, sa fille, Jean-Paul Sartre et sa revue « Les temps modernes ».

Écrivain provençal, journaliste, essayiste, homme politique, poète, théoricien du nationalisme intégral, Charles Maurras (1868-1952) se rapproche des catholiques et dirige le journal L'Action française, fer de lance du mouvement Action française. Nationaliste et contre-révolutionnaire, l'Action française prône une monarchie héréditaire, antiparlementaire et décentralisée, mais également un antisémitisme d'État et devient le principal mouvement intellectuel et politique d'extrême droite sous la Troisième République. Charles Maurras est élu à l'Académie française le 9 juin 1938. Tout en s'opposant à l'Allemagne, Maurras soutint le régime de Vichy, ce qui lui valut d'être condamné le 28 janvier 1945 pour intelligence avec l'ennemi à la réclusion criminelle à perpétuité et à la dégradation nationale. Entre 1945 et 1952, Charles Maurras publia quelques-uns de ses textes les plus importants. Ses dernières années, passées en grande partie en prison, furent aussi l'occasion d'une introspection sur la question de la Résistance ou du traitement infligé aux Juifs pendant la guerre: « Français ou non, bons ou mauvais habitants de la France, les Juifs déportés par l'Allemagne étaient pourtant sujets ou hôtes de l'État français, et l'Allemagne ne pouvait pas toucher à eux sans nous toucher ; la fierté, la justice, la souveraineté de la France devaient étendre sur eux une main protectrice. » (Source Wikipedia).

Les lettres compilées dans ce volume ont été écrites par Charles Maurras pendant sa détention. Il fut transféré du Fort Montluc à Lyon à la prison Saint-Paul-Saint-Joseph puis de la Maison centrale de Riom (1947) à Clairvaux en 1951. Il meurt à la clinique St-Grégoire à Saint-Symphorien-lès-Tours  le 16 novembre en 1952. Ce volume est le 5e volume des « Œuvres Capitales ».

Enap, les Pépites du CRHCP. MAURRAS Charles (1868-1952). Lettres de prison, 8 septembre 1944-16 novembre 1952 - Paris, Flammarion, 1958
Enap, les Pépites du CRHCP. MAURRAS Charles (1868-1952). Lettres de prison, 8 septembre 1944-16 novembre 1952 - Paris, Flammarion, 1958

F15 E 2 : PERRIER Charles. Les Criminels

Album rel. de photog. Relié basane à coins. Format à l'italienne. Int : photos n&b de détenus tatoués, fac-similés de lettres.

Témoin et observateur de la vie en prison à la fin du 19e siècle, le docteur Charles Perrier (1862-1938) livre dans ses nombreux écrits une étude détaillée sur les détenus de la Maison centrale de Nîmes où il exerce entre 1888 et 1911. Fils d’un juge de paix, Charles Perrier suit des études de médecine à Montpellier et soutient sa thèse en 1887. L’année suivante, il est nommé à la Maison centrale de Nîmes comme médecin des prisons. De 1896 à 1900, grâce aux techniques d’anthropométrie judiciaire mises au point par Alphonse Bertillon 20 ans plus tôt, le docteur Perrier se livre à une grande étude sur les détenus dans le cadre de ses fonctions.

Dans le premier  tome de son ouvrage majeur, « Les criminels » (1900) et dans ses diverses publications jusqu’en 1935, il étudie la quasi-totalité de la population pénale de la maison centrale, au total 859 détenus de 16 à 73 ans. Il amasse des milliers de données anthropométriques, qu’il classe, répertorie, pondère, compare, commente et croise avec d’autres données (nationalité, origine ethnique, profession, religion etc.) ou caractères physiques. Grâce aux documents judiciaires ou administratifs auxquels il a accès de par ses fonctions, il analyse également les crimes et délits commis par les détenus et recueille des renseignements sur leurs victimes. Perrier décrit aussi leurs pratiques à travers les techniques criminelles employées et les pratiques culturelles. Il s’intéresse particulièrement aux tatouages, restitués avec précision grâce au dessin et à la photographie ainsi qu’au langage des détenus (l’argot) qu’il étudie, classifie … et utilise en abondance dans ses écrits.

Enap, les Pépites du CRHCP. PERRIER Charles. Les Criminels
Enap, les Pépites du CRHCP. PERRIER Charles. Les Criminels

F15 E 1 : VARENNES Henri & TROIMAUX Edgar. Le Musée Criminel - à Paris, Soc. Fr. d'Ed. D'Art, 1905

1/2 reliure basane, à l'italienne

Recueil d'articles parus dans le journal L'Echo de Paris. Reproduction d'estampes anciennes représentant des crimes, des supplices et autres exécutions. Affaires célèbres ou anonymes à travers l'histoire : un crime sous Louis XIII, le procès du Duc d'Alençon, crimes et tribunaux militaires, l'autodafé de Valladolid en 1559, l'assassinat d’Henri IV…

Henri Varennes (1865-1940) est le pseudonyme de Henri Vonoven, chroniqueur judiciaire et politique durant 40 ans au journal Le Figaro qui débuta sa carrière avec Clémenceau à l'Aurore. Edgar Troimaux (1856-1924), journaliste également, fut chroniqueur judiciaire au journal l'Echo de Paris.

Enap, Les Pépites du CRHCP. VARENNES Henri & TROIMAUX Edgar. Le Musée Criminel - à Paris, Soc Fr. d'Ed. D'Art, 1905
Enap, Les Pépites du CRHCP. VARENNES Henri & TROIMAUX Edgar. Le Musée Criminel - à Paris, Soc Fr. d'Ed. D'Art, 1905

F 15 E 6 Maison Centrale de Melun : réclusion hommes : la vie en prison.[1908]

Ensemble de 24 photographies (22,5 x 17,5 cm) en n&b, collées sur carton avec liseré  décoratif style bambou orange, relié à l'italienne en cuir vert et marron.

Cet album unique de 24 photographies provient de la maison centrale de Melun, ancien couvent transformé en maison de détention (1811) entièrement reconstruite au 19e siècle. On y découvre tous les aspects de la vie en prison au début du 20e siècle : ateliers (notamment l’imprimerie), promenade, école, infirmerie, prétoire, cuisine, réfectoire, quartiers, boulangerie, lingerie, greffe, dortoirs.

Enap, les Pépites du CRHCP. Maison Centrale de Melun : réclusion hommes : la vie en prison.[1908]
Enap, les Pépites du CRHCP. Maison Centrale de Melun : réclusion hommes : la vie en prison.[1908]